Archive for January, 2010

Notre séjour était formidable

Friday, January 29th, 2010

bien le bonjour du quebec,

Notre séjour était formidable beaucoup de beau souvenirs philippe est deja pret a repartir et vous fait de la publicité au magasin nous avons retrouves le grand froid aujourd’hui il fait moins 16 avec le vent en plus il fait moins 30 encore merci pour nous avoir dépanné avec nos petits problèmes merci et nous espérons a trés bientôt.

isabelle et philippe

La renaissance du Pahu Marquisien

Sunday, January 10th, 2010

QUI S’EST INTÉRESSE AU FESTIVAL DES ARTS DES ÎLES MARQUISES N’A PAS MANQUE D’ÊTRE IMPRESSIONNÉ PAR CES GRANDS TAMBOURS MARQUISIENS, LES PAHU, AUX SONORITÉS PUISSANTES ET À LA RÉSONANCE ENVOUTANTE. POURTANT, CET INSTRUMENT A BIEN FAILLI DISPARAÎTRE DE LA CULTURE MUSICALE DE L’ARCHIPEL SA RENAISSANCE EST RÉCENTE ET ENCORE BALBUTIANTE.

Aux temps anciens, le pahu était Ia base de la musique marquisienne et régnait en maître. Une légende de |’archipeI raconte même que toute la population de l’îlot Mohotani s’est trouvée décimée, Enfant jouant au Pahuenfouie dans une grotte qui s’est effondrée à la suite des vibrations provoquées par de grands pahu lors d’une fête nocturne. Une légende qui prend du sens avec le récit de Herman Melville décrivant une fête à Nuku Hiva où les gens avaient construit des plates-formes provisoires pour se mettre à la hauteur d’immenses pahu dont ils jouaient sans arrêt pendant plusieurs jours.
Les pahu avaient un rôle social important à l’époque pré-européenne. Ils avaient un nom, une histoire, un pouvoir…  “Sa raison d’étre allait au-delà de I’instrument de musique. Le bois dont il était fait était le lien entre le ciel et la terre, de même que les attaches étaient celui du visible et de l’invisible. D’ailIeurs, le mot marquisien kaha signifie à la fois la tresse de filament de coco et le pouvoir de vie et de mort détenu par certains prêtres”, souligne Jean-Paul Landé, musicien et danseur polynésien averti, à |’origine, avec quelques autres, du renouveau du pahu marquisien. Ainsi, certains tuhuna, a la fois prêtres et guerriers, étaient spécialisés dans l’attache de la peau, celle de requin a l’époque.

Un objet sacré

Plus que la taille des tambours, leur nombre montrait la puissance des tribus. D’une part, parce que cela nécessitait un nombre de batteurs important pour se relayer Joueur de Pahuplusieurs jours de suite et d’autre part, parce qu’iI avait fallu plusieurs ruhuna specialisés pour s’atteler a les fabriquer, soit autant d’hommes qui ne concouraient pas a la survie de la tribu, donc luxe réservé aux groupes puissants. Le pahu était un objet sacré et sa réalisation était un acte grave dans Ia société indigène. Elle était Ie fruit d’un travail intense ou la maladresse était bannie car elle dévoilait alors de mauvais augures liés au dieu sollicité.
Pourtant, la colonisation et la christianisation des indigènes de la “Terre des Hommes” ont eu raison de ces grands tambours marquisiens. L’art de sa fabrication a été abandonné, oublié. Il aura fallu attendre Ia création du festival des arts des Iles Marquises en 1985 pour que renaissent, d’abord timidement, les grands pahu des temps anciens. Avec sept grands pahu, la délégation de Hiva Oa a ainsi marqué les esprits lors du festival de 1991. Aujourd’hui, chaque île met un point d’honneur a créer et présenter plusieurs grands pahu.

La recherche de la frappe MarquisienneEnfant jouant au Pahu

Cette renaissance des grands tambours traditionnels a dû s’accompagner d’une recherche de la “frappe” marquisienne. Au départ, le rythme, le kaputu he, était régulier, sans modulations marquées.
“Cest a partir de 1995 que la frappe a vraiment évolué. En écoutant les sons marquisiens, j’ai essayé d’adapter des variations propres aux rythmes de l’archipel. Aujourd’hui, celles-ci ont été adoptées par l’ensemble des batteurs de l’archipel”, remarque Jean-Paul Landé qui regrette la dérive vers les rythmes tahitiens de certains batteurs actuels. Les îles Marquises n’ont pas encore pour le moment d’artisan spécialisé dans la fabrication du pahu. On compte sur les doigts de la main le nombre de sculpteurs aujourd’hui reconnus dans l’archipel comme des orfèvres en la matière. En effet, le pahu doit être musical et tout autant travaillé au sens de la symbolique de ses sculptures. L’un ne va pas sans l’autre, c’est un tout. Mais il n’est pas impossible que les années à venir soient celles de la signature artistique et musicale de l’instrument :les qualités sonores et visuelles de chaque tambour seront liées à une île, une vallée, un sculpteur.

Tuarai Peterano, Sculpteur : “Chaque Pahu est chargé de symboles”Grand Pahu

TUARAI PETERANO EST UN SCULPTEUR DE HIVA OA RECONNU POUR LA QUALITÉ DE SES REALISATIONS, NOTAMMENT EN MATIÈRE DE TAMBOURS MARQUISIENS. IL EST AINSI DEVENU AU FIL DU TEMPS UNE RÉFÉRENCE POUR SES PAHU. INTERVIEW :

Depuis quand fabriques-tu des pahu ?
TUARAI PETERANO : Je sculpte des pahu depuis le festival des arts des Îles Marquises de 1991. Jean-Paul Landé voulait refaire un pahu à l’ancienne pour cette grande manifestation, mais il ne trouvait aucun volontaire pour cette tache. Cela m’intéressait de faire un objet aux racines aussi lointaines. Nous sommes allés ensemble au musée de Tahiti et des îles pour mesurer le pahu des Marquises qui y est conservé. À partir de photographies, Jean-Paul a même travaillé sur les proportions constatées. On s’est aperçu que la même règle était utilisée pour tous les tambours, quelle que soit leur taille. Il y avait donc un vrai savoir-faire.

A-t-il été facile de retrouver les techniques des anciens ?
La difficulté du travail est dans le respect des proportions. Tout est très calculé. Tu as l’impression que le volume est le même de haut en bas, voire plus grand en haut, mais en réalité il est beaucoup plus fin en haut qu’en bas. En fait, la peau élargit le haut du pahu. L’intérieur est également très travaillé. Il respecte une forme en sorte de U. C’est pour cela qu’aux temps anciens, les troncs creux n’étaient jamais retenus. Ils ne travaillaient que sur des pleins. Il nous aura fallu du temps et beaucoup d’essais pour comprendre avec Jean-Paul les techniques utilisées. Par exemple, il a été très dur de retrouver le système d’attaches. En effet, il restait peu de choses la-dessus. Pour les premiers pahu, nous avons attaché, détaché, attaché de nouveau et ainsi de suite jusqu’à trouver la bonne technique, notamment grâce à un Hawaiien qui nous a apporté des détails intéressants :comment calculer le nombre de trous dans la peau, leur répartition pour qu’ils fassent corps avec les points d’ancrage sur le bois, etc…  Enfin, il a fallu également repenser des outils spécifiques aux différentes taches.

Le choix des matériaux a-t-il son importance ?Construction de Pahu
Evidemment ! Chaque pahu est chargé de symboles. C’est pour cela qu’on ne fend jamais en deux le bois du tronc dans lequel on va creuser la caisse. On ne lui ouvre pas le ventre. On doit garder à la matière première sa dignité. Ce n’est pas n’importe quel bois qui est utilisé. Le tumu me’i, l’arbre a pain, est le meilleur bois pour une bonne sonorisation du pahu. De plus, c’est un bois léger. Avec celui-ci, on peut également utiliser la caisse sur le coté pour obtenir un son. Mais on peut éventuellement utiliser d’autres essences nobles pour leur mana comme le temanu, le tohu, le miro… Quand tu sais que tu vas passer des heures et des heures à travailler le bois, tu ne peux pas te permettre de choisir une mauvaise essence. Par ailleurs, pour faire un bon pahu, il faut la bonne corde, la bonne peau, les bonnes cotes pour les proportions en plus du bon bois. C’est l’ensemble du choix des matériaux qui caractérise un bon pahu… et le rendra unique. Si on utilise aujourd’hui la peau de bœuf ou de chèvre, il est indéniable que la peau de requin présente de meilleures qualités sonores et d’usure. Mais il faut alors trouver la peau et celui qui saura la préparer… De même, pour les  attaches, c’est bien de travailler avec de la fibre de bourre de coco. Mais, malheureusement, souvent, la qualité n’est pas au rendez-vous de nos jours. 0r le choix de la corde est fondamental pour la sonorité.

La modernité des Instruments de travail n’a-t-elle pas dévalorisé un peu la valeur de l’objet au regard de la lente et méticuleuse fabrication lors des temps anciens ?
Les anciens travaillaient avec des outils modernes pour l’époque. S’ils avaient pu avoir une tronçonneuse, ils en auraient pris une ! C’est le travail de l’objet qui est important, pas les outils utilisés. Pour un pahu de 1,6 mètre, Il faut trois à quatre mois de travail régulier, de la bûche à un tambour fini, avec la peau parfaitement disposée et les sculptures symboliques. Et c’est pénible de vider un pahu… Couper le tronc en deux, ce serait s’en prendre à la matière première. Si tu commences par ne pas respecter le tronc, autant prendre du contreplaqué, utiliser du plastique, un film synthétique pour remplacer la peau… Un bon pahu a souvent nécessité l’intervention de plusieurs spécialistes pour travailler le bois, préparer la peau,tresser les liens en fibre de coco, fixer les attaches, etc. Aux temps anciens, un bon pahu a toujours été un objet rare, donc de grande valeur. Je ne vois pas pourquoi aujourd’hui on en ferait un produit de curios !